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La silhouette de la forteresse de Termes apparaît
au sommet d'un piton rocheux, bien avant d'arriver dans le village du même nom.
Le petit village possède une curiosité très particulière, hormis son église
médiévale. En effet, suivant une tradition remontant aux années 1900, les
habitants de Termes taillent les buis bordant les routes menant au village,
formant ainsi des sculptures géométriques, des animaux divers... ce qu'on ne
s'attend pas du tout à découvrir ici, en plein coeur des Corbières sauvages
!
Mais revenons à notre château ! La première mention
connue remonte à l'an 1110, alors que la seigneurie de Termes dépendait des
vicomtes de Carcassonne et de l'abbaye de Lagrasse, avec qui les relations
étaient plutôt tendues. Simon de Montfort assiégea la forteresse pendant l'été
1210, affrontant ainsi directement Raymond de Termes, un des seigneurs occitans
les plus puissants et les plus aimés. Le siège dura 4 mois, et le château imprenable ne se
rendit que par manque d'eau ! L'histoire raconte d'ailleurs qu'au moment de la
reddition, un violent orage s'abattit sur les Corbières, et remplit
miraculeusement les citernes du château. Les assiégés, croyant en leur bonne étoile, rompirent
alors les négociations avec les Français. Mais les nombreux rats morts dans les
cuves contaminèrent l'eau, provoquant une terrible dysenterie parmi la
population de la forteresse. Les soldats fuirent de nuit par des souterrains,
laissant les femmes, les enfants et les vieillards aux mains des
assiégeants. Raymond de Termes lui même fut capturé quelque temps
plus tard, et mourrut dans les geoles de Carcassonne. Termes passa à Alain de
Roucy, compagnon de Simon de Montfort .
La chute de Termes eut un retentissement phénoménal
dans toute l'Occitanie. Outre une victoire militaire, les Français remportaient
là une grande victoire psychologique sur les méridionaux et les
Cathares.
Le château fut encore quelques années le théâtre de
luttes sporadiques, mais devint définitivement possession royale en 1228. Bien
plus tard, en 1652, Richelieu ordonna l'abandon et la démolition des
fortifications, l'Espagne proche ne représentant plus un danger. Les murailles
furent détruites à l'explosif en 1653 et 1654. Enfin, Termes fut déclaré Monument Historique en
1989.
Evidemment, avec le traitement qu'il eut à subir à
cause de Richelieu, et les outrages des siècles, il ne reste plus grand chose de
l'impressionnante citadelle médiévale. Une grande partie des murs est enfouie
dans la végétation, en particulier la première ligne de remparts.
On pénètre dans la cour intérieure par une longue
rampe d'accès. On devine encore les divers bâtiments qui la composaient, les
dépendences, les latrines, les citernes, la chapelle et sa célèbre fenêtre
cruciforme. En revanche, il ne reste rien de l'ancienne Tour de
l'Hommage, le donjon qui en imposait à toute la région !
Quoi qu'il en soit, le site de Termes vaut largement
une visite, ne serait-ce que pour ses paysages grandioses, la vue sur les Hautes
Corbières, ces terres âpres et sauvages, ce chaos de pentes rocailleuses, qui
s'étendent à perte de vue autour de la citadelle.
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