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La
citadelle de Peyrepertuse, au nom quasi imprononçable pour qui n'est
pas de la région, accumule les titres de noblesse. C'est bien sûr un
des Cinq Fils de Carcassonne, mais sa situation incroyable et son
étendue lui ont valu les noms poétiques et évocateurs de "Citadelle du
vertige" et de "Carcassonne céleste".
Quant
à son nom, tout aussi surprenant, il n'est que la francisation de
l'occitan Pèira Pertusa, la pierre percée. (Pensez au nombreux lieux
qui s'appellent "pertus", ou "pertuis", lieux de passage étroits,
gorges, ...)
On ne sort pas indemme d'une visite à Peyrepertuse.
La
roche sur laquelle il est posé lui offre une protection naturelle
presque parfaite, et le rend invisible, tant ses murailles se
confondent avec la pierre. Nous allions écrire "invisible depuis la
terre ferme" ! Mais Peyrepertuse semble planer dans les airs, défier
les lois de la pesanteur, du haut de ses falaises vertigineuses. Il est
d'un autre monde.
C'est
en l'an 842 que l'on retrouve la première mention écrite du château,
quand Charles le Chauve fait une donation à un certain Millon. Mais les
fortifications n'apparaissent dans les textes qu'en 1021. Peyrepertuse
appartient alors au comte de Besalú, puis passe au roi d'Aragon en
1162.
Peu
concerné par la Croisade contre les Albigeois, bien qu'on soupçonne
quelques Cathares de s'y être réfugiés, la forteresse tombe malgré tout
entre les mains de Simon de Montfort en 1217... Guillaume
de Peyrepertuse aurait porté secours à quelques uns de ces hérétiques !
C'est le roi St Louis qui devient ensuite le légitime propriétaire
(1258), et qui renforce la position devenue stratégique, à la frontière
aragonaise : construction du château Sant Jòrdi surplombant
Peyrepertuse, restauration des murailles, de la Tour de l'Hommage et de
la chapelle Ste Marie. Une garnison est installée, et restera en place
jusqu'à la Révolution. Défense efficace, car le château ne sera plus
jamais attaqué !
Peyrepertuse
est composé de deux parties bien distinctes. La première, la muraille
basse avec le château primitif des 12e et 14e siècles et la chapelle.
La seconde, le château Sant Jòrdi (St Georges) datant du milieu du 13e
siècle. La muraille nord atteind la longueur incroyable de 120 mètres, et possède un chemin de ronde bien conservé.
A son côté, protégés par la roche abrupte, les logis du gouverneur, les citernes, et des pièces dont on voit encore les voûtes. Juste en face, les ruines de l'église Ste Marie, de style roman (11e siècle), dont l'autel est encore en place.
Sortant
du Château Bas par la porte ouest, on accède à un grand espace dégagé,
occupé seulement par un édifice polygonal, dont on ignore encore
aujourd'hui la date de construction précise et l'utilisation. Mystère
!
C'est
à cet endroit que débute l'ascension jusqu'au château Sant Jòrdi. Et
quelle ascension ! Attention aux personnes sensibles au vertige !!
L'escalier qui mène au château, célèbre sous le nom d'escalier de St
Louis, est taillé dans la roche au bord du précipice. Interdit d'accès
par grand vent !!! Mais la vue mes amis.... un panorama à couper le
souffle. Vue plongeante sur le château bas bien sûr, mais aussi vue à
360° sur les Corbières, le Bugarach, les Pyrénées, la plaine du
Roussillon, et dans le lointain on aperçoit même un autre Fils de
Carcassonne, Quéribus... Au
sommet, la Tour de l'Hommage domine les murailles qui l'entourent et
les vestiges de bâtiments, de tours semi-circulaires et de citernes.
Des
constructions en appentis s'appuyaient entre la courtine et le rocher.
Les restes d'une ancienne chapelle sont également visibles à proximité.
Peyrepertuse
a été classé Monument Historique en 1908, et constitue le plus grand
témoignage d'architecture militaire médiévale en Languedoc, avec
Carcassonne.
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