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Impressionnant ! C'est
bien l'adjectif applicable à toutes les citadelles audoises, et Puilaurens ne
déroge pas à cette règle ! De quelque point de
vue que l'on se place, cette forteresse impressionne, du haut de son piton
rocheux contrôlant l'accès au Fenouillèdes et au Roussillon. Puilaurens fut
pendant longtemps la forteresse la plus méridionale de France. Un point
stratégique de tout premier ordre.
Le "Mont Ardu", ancien nom
de la montagne où s'élève Puilaurens apparaît pour la première fois dans les
textes en 958. Il s'agit d'une charte, où Lothaire concède à l'abbaye de St
Michel de Cuxa la prévôté de Puilaurens. Le premier
propriétaire identifiable du château est un certain Pierre Catala, figurant
comme témoin dans un acte de Guillaume de Peyrepertuse (1217). Plusieurs parfaits et
parfaites sont hébergés à Puilaurens vers 1245-46, mais la présence de Cathares
ne semble jamais avoir été très importante.
On ne connait pas la
date exacte à laquelle le château passa sous domination française, mais
l'annexion semble établie vers 1250. En effet, St Louis ordonne par une lettre
de 1255 au Sénéchal de Carcassonne de fortifier Puilaurens, alors passé au
premier plan parmi les forteresses défendant la frontière face à l'Aragon.
L'état actuel de Puilaurens
remonte principalement à cette époque de l'occupation royale. Après le Traité
des Pyrénées de 1659, comme les quatre autres fils de Carcassonne, Puilaurens
perdit tout intérêt stratégique, et fut déclassé. Une faible garnison de
"mortes-payes" (vétérans) y séjourna cependant encore quelques temps.
L'accès au château est rude,
et se fait par un chemin rocailleux qui serpente jusqu'aux premiers murets. Il
s'agit d'un sentier botanique, et le visiteur essoufflé est accompagné par les
parfums des plantes aromatiques et des fleurs qui l'entourent. Les petites
pauses pour admirer toute cette flore et lire les nombreux panneaux explicatifs
ne sont bien sûr pas interdites !
Une série de neuf murs
en zigzag barre l'entrée. Histoire de fatiguer et retarder les éventuels
assaillants ! Une barbacane adaptée au tir avec des armes à feu complète le
système de défense d'entrée.
L'énorme cour du château
(200 mètres de courtine) abritait un certain nombre de bâtiments dont il ne
reste rien, si ce n'est les vestiges d'une citerne voûtée. En revanche, le crénelage du
chemin de ronde est encore bien conservé, et donne à Puilaurens son aspect si
particulier. Le panorama depuis ce
chemin de ronde est splendide. On domine toute la vallée de la Boulzane, les
Pyrénées, et en contre-bas, le petit village de Lapradelle-Puilaurens et son
église très ancienne.
Au bout de la cour, on
accède à la Tour de l'Hommage et aux murailles intérieures flanquées de deux
tours par une rampe. La Tour de la Dame Blanche est certainement la partie la
plus ancienne du château, probablement antérieure à la Croisade. Cette tour fut ainsi
baptisée en souvenir de Blanche de Bourdon, petite nièce de Philippe le Bel qui
avait séjourné ici au cours d'un de ces voyages. La salle du rez-de-chaussée en
est bien conservé, avec une croisée d'ogives.
Particularité
de cette tour, le conduit porte-voix : une saignée verticale dans le
mur, qui permettait la communication entre les différents étages de la
tour. Essayez, vous verrez, ça fonctionne encore !
Enfin, si vous allez vous
balader du côté de Puilaurens, ne manquez pas les magnifiques forêts qui
entourent le château. La Forêt des Fanges, ancienne forêt royale, forêt de
montagne, couverte de sapin dont la spécificité est d'être également soumise à
l'influence méditerranéenne (cèdres, épicéas, pins, ...).
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