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Oui, le catharisme fait fantasmer ! Et pourtant, les adeptes de ce mouvement religieux se fondaient parfaitement dans la population languedocienne médiévale, "bons chrétiens" et catholiques cohabitant bien souvent sous le même toit.
Les maisons abritaient souvent des familles dont certains membres étaient "bons chrétiens", autrement dit cathares et d'autres bons catholiques, et ceci aussi bien dans les familles princières, bourgeoises ou des petits artisans des villes et villages...
La vie quotidienne des cathares des 12e et 13e siècles ne se différencie en rien de celle de leurs contemporains. Les fouilles archéologiques ne permettent pas d'identifier une maison, ou des objets purement cathares. Tous les villageois partageaient les mêmes préoccupations, les mêmes conditions de vie. Ce n'est qu'avec la Croisade et l'arrivée de l'Inquisition que les choses changent en Languedoc. Avec l'irruption de la violence et la terreur causée par les Inquisiteurs passant le pays au peigne fin, les positions des uns et des autres vont s'affirmer, et ainsi séparer les populations en deux camps.
Mais voyons un peu ce qui fait le quotidien du "Cathare moyen", en ce Moyen Âge languedocien en plein épanouissement culturel et économique...
La vie au village
L'habitat du Languedoc médiéval se caractérise par de gros villages souvent fortifiés, appelés "castrum", bâtis autour de l'église ou du petit château seigneurial.
Les échoppes, ateliers et maisons se serrent les uns contre les autres, et permettent à toutes les classes de la société de se mêler de manière relativement harmonieuse, paysans, artisans, commerçants, bourgeois et aristocrates. Les Cathares y vivent et travaillent comme tout le reste de la population.
Les maisons sont très simples, souvent constituées d'une seule pièce, la "foganha", où se rassemble toute la famille. Peu de meubles, quelques bancs et coffres, et un foyer central qui éclaire et chauffe la pièce en hiver. Pour dormir, on s'entasse à plusieurs sur des paillasses, pour se nourrir, on n'utilise que de simples gobelets et écuelles en bois, les pots et marmites sont en terre cuite.
L'Eglise cathare
Les pratiques des Cathares sont très simples, les relations hiérarchiques quasi inexistantes. Les simples croyants et les Parfaits sont tous issus des mêmes villages, des mêmes familles.
Les religieux cathares n'étaient pas inaccessibles, comme pouvaient l'être les moines et prélats catholiques. La maison religieuse n'est souvent pas autre chose que la maison familiale, ouverte aux fidèles et aux visiteurs. On vient y travailler, écouter la parole des Bonhommes. Les rites sont très simples également, rien à voir avec la liturgie compliquée et spectaculaire de l'Eglise Catholique, ses ors, ses chants, ses reliquaires, que d'ailleurs les Cathares dénoncent.
Les prédications se font dans les foyers, et se limitent à la lecture et au commentaire des Evangiles.
Seule véritable cérémonie, le "consolament", équivalent du baptême, de l'ordination d'entrée en religion, ou des derniers sacrements, et qui se fait par imposition des mains.
La vie, l'amour, la mort
Les Cathares ont peu d'intérêt pour le mariage. Ils critiquent ce sacrement, car selon eux, Dieu n'a rien à voir dans l'union des corps et la procréation. Pour eux, le péché de chair est le même, qu'il soit béni par le mariage, ou le résultat d'aventures passagères. Cependant, seuls les Parfaits sont astreints à la chasteté la plus absolue, les simples croyants vivent généralement une vie de famille normale, comme tous les habitants des villages. Le "consolament" administré aux mourants leur assure une "bonne fin", la pénitence de leurs péchés et le salut de leur âme. Les malades et mourants sont souvent transportés dans les maisons communes, où se déroule la cérémonie.
Mais si le malade guérit, il doit alors suivre la vie de pauvreté, chasteté et obéissance des Parfaits.
Les bons hommes et les bonnes femmes
Le clergé cathare vit au milieu des populations. Il est mixte, hommes et femmes y sont admis, et comme tous les religieux chrétiens, ils ont fait voeu de ne pas mentir, ne pas jurer, ne pas juger et ne pas tuer. Prières collectives et travaux manuels ponctuent leurs journées.
Ces religieux prêchent, visitent les familles, confèrent les sacrements, soignent les malades, et se consacrent au filage, tissage, travail du bois ou des métaux. Les cérémonies et rites sont ouverts à tous, sans objet ni symbole... pas de croix ni de colombe cathare...
Quelques témoignages indiquent qu'avant les persécutions, Bons Hommes et Bonnes Femmes portaient un habit spécifique, certainement une robe noire très simple, ressemblant à celles des moines. Evidemment, sous l'Inquisition, il leur fallut être le plus discret possible et ils abandonnèrent probablement ce signe de reconnaissance. Les Parfaits cathares devaient également observer une règle alimentaire stricte, leur interdisant toute nourriture à base de viande, jeûnant un jour sur deux au pain et à l'eau, et faisant "maigre" toute l'année.
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