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L'église Saint Vincent pourrait être le
symbole de la Ville Basse. Elle en est de toute manière un monument
majeur. Son énorme clocher dominant les toits est visible de partout en
ville, et même bien au-delà, à des kilomètres à la ronde. Il faut dire
qu'il mesure 54 mètres de hauteur, ce n'est pas rien ! Le sommet est
crénelé, on pouvait en cas de danger y installer de petits canons !
Des scientifiques l'utilisèrent même au
18e siècle pour calculer la longueur du méridien terrestre (mais ne
nous demandez pas comment !). Saint Vincent possède un carillon de 54
cloches, dont certaines ont été fondues au 18e siècle. C'est le plus
important du sud de la France. On les entend parfois, lors de petits
"concerts", généralement en été.

54 mètres de haut, 54 cloches, ce
n'est pas le seul chiffre impressionnant qui caractérise l'église. En
effet, la nef fait 60 mètres de long, 27 mètres de haut et 21 mètres de
large, c'est la plus vaste du Languedoc !
Le style ? Du gothique languedocien !
Une nef large et unique, pas de transept. Cette grande église date de
la fin du 13e siècle, de l'époque de la fondation de la Ville Basse.
Elle reprend le nom de la paroisse détruite dans le faubourg nord de la
Cité. Les habitants avaient certainement besoin de garder quelques
repères...
Le grand portail est une véritable dentelle de pierre. Il a été entièrement restauré très récemment, car les siècles ne l'ont pas épargné, et les statues qui l'encadraient ont dû être retirées, rongées par les intempéries et la pollution. Elles se trouvent désormais à l'abri dans l'église.
L'une d'entre elles représente le roi
Saint Louis, et est généralement considérée comme la plus ancienne
représentation du célèbre roi. Mais est-elle bien ressemblante ?…
 C'est
dans cette église qu'on a vénéré pendant très longtemps la Vierge de la
Parade, patronne des drapiers. Autant dire qu'elle devait être très
sollicitée, parce que Carcassonne comptait un nombre impressionnant
d'ateliers de filature, de tisserands, drapiers, cardeurs, etc…
La statue de la Vierge, en bois doré du 17e siècle, est toujours visible dans une chapelle tout près du choeur, sur la gauche.
De nombreux tableaux de Gamelin, peintre carcassonnais, ou de Mignard, ornent les parois de l'église et de ses chapelles.
Dans une petite salle juxtaposée au
choeur sont exposés de magnifiques habits sacerdotaux du 18e siècle,
brocards dorés, mitres, ainsi que des objets servant aux cérémonies,
crosses, reliquaires...
Les fonts baptismaux et le puissant mur occidental qui soutient une tribune gigantesque et un grand orgue furent ajoutés au 18e siècle.
Il
est difficile d'appréhender le volume et la taille de cette église. Pas
de parvis, aucun recul pour en avoir une vue d'ensemble... Ce qui la
rend d'autant plus massive et gigantesque, coincée comme elle est, dans
le damier des rues étroites de la Ville Basse.
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