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Les lices hautes font le tour de la Cité par le Sud. L'espace entre les deux lignes de remparts est très large à cet endroit, et l'enfilade d'énormes tours est vraiment impressionnante. Jusqu'au début du siècle se trouvaient ici des maisons, appuyées sur les hautes murailles.
Tout de suite après les Portes Narbonnaises se dresse une tour un peu spéciale, la Tour du Sacraire Saint Sernin, sans couverture, et percée d'une fenêtre gothique flamboyant. Etonnant cette large ouverture sur une tour de défense ! La partie supérieure de cette tour était en fait le chevet de l'église Saint Sernin, qui se trouvait dans la Cité, et détruite en 1793. Cette large fenêtre était donc une fenêtre d'église !
La découverte fortuite en juillet 2007 d'une salle souterraine située dans les lices hautes devant la tour Saint Sernin, à l'occasion de travaux d'engazonnement, est importante pour l'histoire de la forteresse : c'est la première structure souterraine découverte dans les lices entre les deux murailles.
Les recherches historiques effectuées ont permis de l'identifier comme un ouvrage défensif enterré datant probablement du XVIe siècle (magasin à munitions ?), réutilisé en cave domestique dans les maisons qui occupaient les lices jusqu'au début du XXe siècle.
Cet élément bâti, témoignant d'une période de réaménagements à nos jours mal connus pour la Cité, le XVIe siècle, comporte une voûte d'arêtes sur coffrage, sur une surface d'environ 20m2. Les traces de coffrage sur le mortier de la voûte permettront, grâce à l'intervention d'un spécialiste, de mieux connaître le bois utilisé et les méthodes de travail des charpentiers de cette époque. Affaire à suivre...
La tour suivante est un peu bizarre aussi dans son genre, un gros bloc rectangulaire plaqué contre la muraille : c'est la Tour du Trauquet (en occitan, trauquet, c'est le " petit trou "). Elle servait en fait à cacher un escalier en bois et l'entrée d'un souterrain passant sous les Lices et débouchant à l'extérieur de la Cité.
Un peu plus loin sur la gauche, la Tour de la Vade . Impossible de louper cette véritable forteresse qui aurait pu tenir un siège à elle toute seule.
Mais continuons notre balade… Les Lices forment un léger virage vers la droite, et défile alors devant nous un ensemble de tours, du 13e siècle pour la plupart, et bien souvent reconstruite sur la base des anciennes tours gallo-romaines, dont il reste parfois ici et là des vestiges. On peut monter au sommet de la Tour St Martin. Les escaliers de pierre sont assez raides, mais l'effort demandé est bien récompensé : vue panoramique magnifique sur la campagne, les vignes entourant la Cité, les Corbières et les Pyrénées, quand elles sont de bonne humeur…
Enfin nous arrivons devant la Tour Saint Nazaire, qui n'est pas cylindrique comme ses voisines, et qui permet d'accéder à l'intérieur de la Cité.
Quelques dizaines de mètres plus loin, les Lices forment un coude, et se rétrecissent subitement. Devant nous, une nouvelle tour carrée bouche le passage. C'est la Tour de l'évêque.
Les lices sont si étroites à cet endroit, que la tour est à cheval sur les deux remparts. Juste après cette tour le passage se rétrécit encore, on touche les deux murs en tendant les bras ! On passe ensuite devant la Tour de l'Inquisition, qui appartenaient aussi aux évêques, et on rejoint enfin la Porte d'Aude.
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